Fondamentaux en plongée recycleur.

Les fondamentaux en plongée recycleur en 10 points :

Certains points peuvent sembler évidents mais sont basés sur l’analyse statistique d’accidents.

1. Choisir son recycleur :SCR, mCCR, eCCR ce sont les principales catégories de recycleurs , les plus utilisés actuellement: fermés à gestion électronique eCCR(électronique Close Circuit Rebreather) ou manuelle mCCR(manual Close Circuit Rebreather) et semi fermés passifs SCR(semi close rebreather). Les semi fermés à flux constant étant beaucoup moins utilisés actuellement. En semi fermé ou SCR pour faire branché, Semi Closed Rebreather, les passifs de type RB 80 Halcyon et tous clones ou dérivés sont les plus utilisés, surtout par les plongeurs de type DIR ou s’inspirant de ces pratiques. L’intérêt principal réside dans la sécurité, du fait qu’on utilise un mélange/Diluant unique adapté à une tranche de profondeur donnée. Donc pas de risque d’ajout d’oxygène intempestif d’oxygène et on est à peu près sûr sur de sa PPO2 même sans afficheur de PPO2.

Puis le mCCR ou recycleur fermé mécanique ou gestion manuelle, où l’ajout d’02 se fait à la main. Cela élimine les problèmes électroniques et de solénoïde, électrovanne qui sur les eCCR envoie la quantité d’02 nécessaire au maintien de la PPO2 choisie en fonction des informations envoyées par l’électronique après lecture des 3 cellules oxygènes. On en arrive donc au eCCR ou CCR à gestion électronique de l’oxygène. Comme sur le mCCR il y a une bouteille de diluant et d’une d’oxygène, le mélange «idéal » se faisant en direct à la PPO2 présélectionnée.

Avant de choisir Votre machine, Multiplier les expériences et les conseils : avant de choisir son propre modèle il peut être judicieux d ‘écouter les conseils de différents plongeurs expérimentés, peut être même d’avis différents voir opposés. Et essayer différents types de recycleur en baptême/ initiation ou même en formation.

2. Choisir sa Configuration : poumons dorsaux, latéraux comme sur le Kiss , frontaux (Megalodon, Inspiration…), sur les épaules (comme le Manta du Megalodon) ?relais du même côté, tendance DIR  ?config Hogarth type UTD avec tuyau long ?petit blocs ?diluant dos et oxy en latéral type UTD ?

3. Ajuster son lestage` : l’erreur la plus fréquente est de se sur lester. Si ça peut aider sur les premières plongées sur un recycleur, surtout lorsqu’on a du mal à gérer la flottabilité de sa combinaison étanche, sa bouée dorsale ET la boucle de son recycleur en même temps, l’intérêt sur les plongées suivantes est de diminuer ce poids graduellement afin d’arriver à trouver le lestage idéal pour être neutre/légèrement négative faux poumons pleins à -3m par exemple.

4. Travailler sa flottabilité : toujours cette absence de poumon ballast et cette difficulté à gérer ses 3 sources de flottabilité. Ce n’est qu’en s’entrainant que la maitrise peut s’acquérir, comme sur des parcours peu profond et en dent de scie. Par exemple suivre un fil entre -3 et -10m. Pour une des tendances actuellement en eCCR est de choisir une PPO2 entre 0,7 et 1 max et d’ajuster éventuellement jusqu’à 1,2 /1,3 manuellement.

5. Peaufiner son Trim. En Recycleur, un trim correct est plus difficile à obtenir qu’en bouteille, surtout en eCCR, à cause des phases d’injection d’oxygène automatique et sur des plongées peu profondes et/ou en dent de scie. Une tendance actuelle est de limiter le set-point automatique entre 0,7 et 1 de PPO2 afin que le solénoïde d’injecté pas trop et d’ajuster manuellement éventuellement jusqu’à 1,2 ou 1,3 de PPO2.D’autre petits trucs : lester le haut des bouteilles ou utiliser des bouteilles lourdes type 300 bars, mettre une poignée lourde sur le dessus du recycleur, glisser des poches à lest derrière les faux poumons frontaux, autant de moyens dans tous les cas de répartir le poids sur le haut pour être plus à plat, moins comme un « hippocampe », et d’éviter de porter à la taille de lourde ceinture de plombs qui scient les reins et empêchent une position correcte dans l’eau.

6. Soigner sa planification :c’est à dire plonger avec un cadre précis, plan de plongée et solutions pour un maximum de dérives possibles. Pour l’équipe et éventuellement en cas de perte de cette équipe des solutions en solo. bref un what-if  le plus complet possible. Pour le CCR par exemple cela inclut quoi faire si :

-vous êtes à court d’02

-vous êtes à court de Diluant

-savoir utiliser son CCR en Semi fermé si à court d’02

-savoir gérer manuellement sa PPO2

-quoi faire si le handset primaire cesse de fonctionner

-si la respiration est difficile

-si l’Automatic Diluant Valve cesse de fonctionner

-si on a plus de visibilité ou si l’on casse son masque

-si le solénoïde reste bloqué ouvert…ou fermé

-votre coéquipier CCR semble endormi

-plus d’électronique

-vos cellules montrent 1,18/1,21/1,89

-votre boucle est noyée

…etc

7. Avoir conscience de l’importance vitale de la redondance :un recycleur est une chose merveilleuse, agréable, silencieuse…tant que tout marche ! L’une des bases des cours de bases est : « dans le doute :bail out ! »c’est à dire quitter le recycleur ou la boucle pour repasser sur une bouteille, au moins momentanément. La BOV ou Bail Out Valve permet cette opération plus rapidement qu ‘en allant chercher le détendeur de sa bouteille relais de secours. C’est en effet un sytème « tout en bouche « qui permet de basculer très rapidement par un quart de tour par exemple de basculer du circuit fermé par exemple au circuit ouvert. Quelque soit le moyen, relais secours ou BOV, les règles de consommation doivent être les mêmes, à savoir au moins de quoi rejoindre la surface avec une grosse marge de sécurité, surtout en cas d’essouflement et/ou de gros stress. Et encore plus si expérimenté, on a de la décompression ou on est sous plafond. Faire son calcul avec 30 ou 40 litres/minute et/ou 1/3 de réserve de sécurité ou même le double ne sera pas forcément un luxe.

8. Dans la même logique, si la plupart des agences autorisent l’air comme diluant jusqu’à -40/45m, dès que vous serez certifié trimix normoxique, il peut sembler judicieux d’utilser les diluants à bases d’hélium dès -30m surtout en eau froide , trouble , sous plafond. Le confort respiratoire et psychologique n’en seront que meilleurs.

9. S’entrainer et acquérir des automatismes est très important, avec en tête des recommandation de bases : « connais ta PPO2 à tout moment ».c’est à dire la contrôler régulièrement avec le contrôleur primaire, secondaire, son HUD(Head Up Display) ou led lumineuse indiquant la ppo2 par code lumineux proche de l’œil. Et savoir réagir vite et bien en cas de problème.

10. Bien connaître les limites respiratoires de son recycleur : savoir s’économiser, par un palmage adapté type frog, par une position bien à plat,par l’utisation éventuelle d’un scooter surtout en cas de courant ou de grosse configuration.